Le psoriasis du cuir chevelu est une maladie inflammatoire chronique qui affecte le scalp, le front, la nuque ou l’arrière des oreilles. Des flocons pelliculaires et d’épaisses squames blanchâtres apparaissent sur ces zones, provoquant des démangeaisons, des desquamations et, dans les cas les plus sévères, des chutes de cheveux cicatricielles. À l’heure actuelle, il existe toute une panoplie de traitements locaux, systémiques et de fond, qui permettent de bien contrôler les poussées de la maladie sans pour autant l’éliminer définitivement.

Quel est l’objectif du traitement du psoriasis du cuir chevelu ?

Le traitement du psoriasis du cuir chevelu a pour objectif :

  • de calmer les démangeaisons qui sont parfois très importantes et difficiles à vivre au quotidien
  • de contrôler la multiplication des kératinocytes, ces cellules qui composent 90 % de la couche superficielle de l’épiderme et qui, en cas de psoriasis, se renouvellent très rapidement (4 à 5 jours contre 28 habituellement)

Quels sont les médicaments préconisés contre le psoriasis du cuir chevelu ?

La recherche a fortement progressé ces dernières années et il existe donc désormais un grand nombre de médicaments permettant de traiter efficacement les poussées du psoriasis du cuir chevelu.

Pour les psoriasis localisés, le dermatologue prescrira uniquement des traitements locaux, comme par exemple :

  • des dermocorticoïdes : on utilisera des lotions et des shampoings à base de dermocorticoïdes pour lutter contre l’inflammation provoquée par la maladie. Comme il existe quelques effets secondaires et qu’il y a un risque d’accoutumance, leur utilisation doit impérativement être circonscrite dans le temps et limitée à une application quotidienne.
  • les analogues de la vitamine D3 : c’est souvent le premier traitement proposé par le médecin, car ils permettent de freiner la multiplication des kératinocytes. On applique la pommade sur les lésions, entre une et deux fois par jour selon les analogues. Ils sont souvent associés avec des dermocorticoïdes.
  • l’acide salicylique 10 % : il est utilisé pour dissoudre la couche superficielle de l’épiderme, devenue trop épaisse. Associé à la vaseline, il permet de décaper les lésions les plus squameuses et est souvent un préalable indispensable à l’application de tout autre traitement local.
  • le tazarotène : c’est un rétinoïde topique dérivé de la vitamine A. Il est utilisé pour des psoriasis très localisés, mais est formellement contre-indiqué pour les femmes enceintes.

Une autre manière de lutter contre le psoriasis est la photothérapie. Il existe deux modes de photothérapie, qui ont tous deux la même efficacité :

  • la puvathérapie : le patient est exposé à des UVA en cabine. La puvathérapie est associée à la prise d’un psoralène qui a un effet photo-sensibilisant. Pendant deux mois, le patient doit faire trois séances par semaine. À terme, les lésions provoquées par le psoriasis disparaîtront.
  • la photothérapie par UVB : cette fois, le patient est exposé à des rayons ultra-violets (plus proches des rayons du soleil). Aucun médicament complémentaire n’est nécessaire et la fréquence des séances est la même que pour la puvathérapie.

Si le psoriasis est sévère ou qu’il endommage les follicules pileux de manière irréversible, le dermatologue pourra proposer un traitement systémique, en prescrivant par exemple :

  • des rétinoïdes : ces dérivés chimiques de la vitamine A sont administrés par voie orale à raison d’une prise quotidienne (attention, ils sont fortement contre-indiquées chez la femme jeune sans contraception efficace, et cela, jusqu’à deux ans après l’arrêt du traitement)
  • de la méthotrexate : il s’agit d’un médicament antiprolifératif qui empêche la multiplication des kératinocytes. Il se prend une fois par semaine sous forme de comprimés ou d’injections intramusculaires ou sous-cutanée.
  • de la ciclosporine : il s’agit d’un comprimé pris tous les jours par voie orale. A noter que la durée du traitement ne peut pas excéder un à deux ans en raison de risques rénaux accrus.

En cas de psoriasis modéré ou sévère et si le patient n’a pas bien répondu à deux autres traitements (type photothérapie, ciclosporine, méthotrexate), le médecin peut prescrire des biomédicaments, comme par exemple :

  • les anti-TNF qui bloquent l’action des protéines pro-inflammatoires
  • les inhibiteurs d’interleukine (type ustékinumab) qui inhibent l’activité des interleukines IL 12 et IL 23.

Les biomédicaments constituent des traitements nouveaux, onéreux, mais efficaces. Ils ne peuvent se prendre qu’en institut hospitalier.

Comment prévenir les récidives ?

Quelques bonnes pratiques, simples à mettre en oeuvre, permettent d’agir sur les facteurs déclencheurs du psoriasis, contribuant ainsi à réduire le risque de récidive :

  • avoir une alimentation variée et équilibrée
  • éviter l’alcool, le sucre raffiné, le café et les plats épicés
  • réduire son stress (relaxation, méditation, sophrologie, yoga)
  • proscrire autant que possible la prise de médicaments bêtabloquants ou antipaludéens
  • utiliser un shampoing doux qui irrite moins le cuir chevelu
  • laisser sécher ses cheveux à l’air libre
  • éviter bandeaux, chapeaux ou bonnets, surtout quand il fait chaud
  • brosser délicatement ses cheveux
  • éviter les coiffures trop serrées