L’effluvium télogène sans dégarnissement est un dérèglement capillaire fréquent chez la femme. Sur le plan médical, il est considéré comme bénin, car c’est un phénomène passager qui ne provoque pas de dégarnissement du cuir chevelu. Toutefois, sur le plan psychologique, la perte relativement abondante de cheveux peut être très difficile à vivre pour les patientes, chez qui la chevelure fait partie intégrante de l’identité féminine. Des solutions cosmétiques et thérapeutiques peuvent leur être proposées pour normaliser la chute et stimuler la repousse capillaire. Un accompagnement psychologique est généralement préconisé.

Personne tenant une poignée de cheveux dans ses mains

Qu’est-ce que l’effluvium télogène sans dégarnissement chez la femme ?

Pour bien comprendre le mécanisme qui conduit à la chute télogène, il faut savoir qu’une chevelure est constituée de trois types de cheveux :

  • Les cheveux anagènes : il s’agit de cheveux en pleine croissance, qui représentent 80 à 90 % de la chevelure. Leur durée de vie est de six ans en moyenne chez la femme.
  • Les cheveux catagènes : ce sont les cheveux dont les bulbes ont arrêté toute activité et remontent progressivement dans la couche moyenne du derme capillaire. Cette transition dure trois semaines environ.
  • Les cheveux télogènes : ces cheveux morts sont peu à peu expulsés du cuir chevelu sous la pression de nouveaux cheveux anagènes. Les cheveux télogènes tombent au bout de trois mois environ. Ils représentent 10 % de la masse capillaire.

En temps normal, nous perdons tous entre 50 et 100 cheveux par jour, mais, comme chaque cheveu mort est naturellement remplacé par un nouveau, le volume de la chevelure ne bouge pas.

Lorsqu’un effluvium télogène se produit, en revanche, le cycle capillaire se dérègle et tout ou partie des cheveux télogènes tombent de manière plus ou moins simultanée. D’où cette chute plus abondante que d’habitude.

Même si cela peut être très difficile à vivre pour les femmes concernées, il convient de garder en tête qu’il s’agit d’un phénomène transitoire qui se résoudra en trois mois. Il faut en effet laisser le temps aux cheveux anagènes de repousser pour que la chevelure reprenne tout son volume.

À quoi est dû l’effluvium télogène féminin ?

À l’origine de l’effluvium télogène, il y a toujours un facteur déclencheur que le bilan médical s’attachera à identifier précisément.

Parmi les facteurs les plus fréquents, on peut citer :

  • les changements de saison, en particulier la venue du printemps et de l’automne ;
  • les chocs affectifs (accident, décès d’un proche, séparation) ;
  • les variations de poids, et notamment les régimes trop drastiques qui entraînent des carences nutritionnelles ;
  • et les événements médicaux (opération avec anesthésie générale, forte fièvre, maladie infectieuse).

Mais il existe aussi des facteurs spécifiques aux femmes qui expliquent qu’elles soient davantage exposées à ce type de dérèglement capillaire. Parmi ces facteurs typiquement féminins, il y a :

  • tout ce qui a trait à la maternité (accouchement, fausse couche, IVG) ;
  • et les changements hormonaux (arrêt de la pilule contraceptive à base d’œstrogène, ménopause, puberté).
Femme avec des cheveux dans les mains

Comment reconnaître un effluvium télogène sans dégarnissement chez la femme ?

Un effluvium télogène sans dégarnissement n’est pas une chute très intense, si bien qu’il n’est pas toujours facile à reconnaître.

Il peut se traduire par une perte générale de volume. Mais, généralement, les femmes qui en souffrent en prennent d’abord conscience parce qu’elles retrouvent des cheveux le matin sur l’oreiller ou sur leurs vêtements en journée. Ce sont autant de signes qui doivent alerter, car s’il est normal de perdre ses cheveux quand on les brosse ou qu’on les lave, en revanche, il est anormal qu’ils tombent lorsqu’on ne les manipule pas.

Un point important qui distingue la chute télogène des autres formes d’alopécie : la chute de cheveux est diffuse et légère, c’est-à-dire qu’elle touche l’ensemble de la chevelure et que la patiente ne perd pas ses cheveux par touffe. Cela la distingue de :

  • l’effluvium télogène avec dégarnissement qui peut provoquer une perte capillaire massive et/ou chronique ;
  • la calvitie qui affecte uniquement le vertex et le sommet de la tête ;
  • et de la pelade qui provoque la chute de tous les cheveux, qu’ils soient anagènes, cathagènes ou télogènes.

Il est préférable de consulter un dermatologue, a fortiori si la situation génère de l’anxiété chez la patiente.

Le dermatologue lui fera un bilan médical complet afin d’identifier le facteur déclencheur de la chute et de mettre en place un protocole de soins adapté pour normaliser la chute ou stimuler la repousse.

En règle générale, le dermatologue pourra intervenir sur trois aspects :

  • le mode de vie en préconisant une cure de repos, un travail sur le stress ou un accompagnement psychologique ;
  • l’alimentation en proposant une cure de compléments alimentaires pour combler d’éventuelles carences ;
  • et la santé capillaire en prescrivant des lotions anti-chute.

Pour les chutes plus importantes, il pourra également prescrire un traitement de fond afin de nourrir les cheveux en profondeur et de stimuler la circulation sanguine au niveau du cuir chevelu. Les principaux traitements de fond sont :

  • le Minoxidil qui sert à vasculariser le cuir chevelu, allonger la durée du cycle capillaire et redonner de l’épaisseur aux cheveux ;
  • la mésothérapie qui permet d’injecter des vitamines directement dans le bulbe capillaire ;
  • le microneedling qui vise à pratiquer des micro-perforations sur le cuir chevelu afin de stimuler la circulation sanguine ;
  • et la luminothérapie qui utilise les énergies magnétiques, infrarouges et lasers pour renforcer l’activité des follicules pileux.

Le traitement de fond dure entre deux et trois mois.

Et si la chute perdure plus de trois mois ?

Cela peut avoir deux significations, soit que le facteur déclencheur de l’effluvium télogène n’a pas été éliminé, soit que la patiente souffre d’une autre pathologie du cuir chevelu, généralement une alopécie androgénétique.

 

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