Le Docteur Pierre Bouhanna interviewé sur medisite.fr

Le Dr Pierre Bouhanna interviewé sur les liens entre santé et chute capillaire

Le 13 novembre 2020, le site Internet de santé grand public Medisite a publié un dossier spécial intitulé « Ce que vos cheveux révèlent de votre santé ».

Le co-fondateur du CMCC, le Docteur Pierre Bouhanna, a été sollicité pour valider le contenu de l’article en tant que dermatologique et chirurgien exclusif du cuir chevelu.

L’occasion de faire le point sur le fonctionnement des cheveux et sur les troubles de santé qui peuvent provoquer une chute capillaire pathologique.

À quel moment une chute de cheveux doit-elle être considérée comme pathologique ?

Comme le rappelle la journaliste Sophie Raffin dans son article, il est normal de perdre des cheveux.

Au cours de son cycle de vie, le cheveu passe en effet par trois phases :

  • La phase anagène : c’est une phase qui dure entre deux et cinq ans et au cours de laquelle les cheveux poussent sans discontinuer. La durée de cette phase varie selon les personnes et le sexe (elle est plus longue chez les femmes que chez les hommes).
  • La phase catagène : c’est une phase, au cours de laquelle le cheveu s’arrête de pousser, mais il reste arrimé au cuir chevelu pendant encore trois semaines environ.
  • La phase télogène : le cheveu est peu à peu repoussé hors du derme capillaire par un nouveau follicule pileux qui finira par prendre sa place. L’expulsion dure environ trois mois et c’est au terme de ces trois mois que le cheveu tombe de façon totalement naturelle.

La grande majorité de nos cheveux – entre 100 000 et 150 000 – sont en phase anagène et seule une infime minorité se trouve en phase télogène. Sur une chevelure saine, il est donc normal de perdre près de 50 cheveux par jour (ce chiffre peut augmenter temporairement à l’automne ou au printemps).

C’est lorsqu’il y a une chute importante de cheveux ou une baisse significative du volume de la chevelure qu’il faut envisager de consulter un dermatologue. En effet, comme le rappelle le Docteur Pierre Bouhanna, il peut s’agir de symptômes révélateurs de troubles de santé plus ou moins graves.

Quelles sont les causes d’une chute de cheveux pathologique ?

Il y a de multiples causes pouvant provoquer une chute de cheveux pathologique.

Les carences nutritionnelles

Comme le rappelle le Docteur Pierre Bouhanna à Medisite, des carences en fer, en vitamine D, en zinc, en cuivre, en vitamine A ou encore en bêta-carotène peuvent provoquer une perte anormale de cheveux ou leur faire perdre de leur vitalité ou de leur brillance.

C’est la raison pour laquelle le médecin peut faire faire au patient souffrant d’alopécie un bilan sanguin complet. Si une carence est avérée, alors il pourra prescrire des compléments alimentaires. Il conseillera aussi à son patient d’adopter un régime alimentaire équilibré pour éviter les rechutes.

Les maladies infectieuses

Certaines maladies infectieuses – en particulier, lorsqu’elles provoquent une fièvre importante (39,5° C et plus) et qu’elles durent plusieurs jours – mettent à mal l’organisme et, ce faisant, la chevelure.

Il n’est pas rare que les malades de la grippe, de la fièvre typhoïque, de la scarlatine ou, plus récemment, de la Covid-19 subissent ce que l’on appelle un effluvium télogène, à savoir un dégarnissement diffus mais temporaire de la chevelure.

Dans les cas les plus sévères, la chute sera massive, les patients perdant ses cheveux par poignée. Chez ceux qui souffrent déjà d’une alopécie androgénétique, l’effluvium télogène accélérera le processus de dégarnissement.

Si l’effluvium télogène se résorbe généralement spontanément, il peut être nécessaire de prescrire des lotions antichute, des cures de Minoxidil, une luminothérapie ou encore des séances de stimulation par injection.

Le stress

Le stress va agir sur la chevelure de la même manière qu’une maladie infectieuse. Il va ainsi provoquer un dérèglement du cycle capillaire qui va entraîner un effluvium télogène.

Là encore, la chute peut être massive, ce qui peut être très impressionnant pour le patient.

Comme dans le cas des maladies infectieuses, des lotions antichute ou des traitements par injection ou laser LED peuvent être prescrits aux patients pour stimuler la repousse capillaire.

Certains médicaments ou traitements thérapeutiques

Comme le rappelle le Docteur Pierre Bouhanna, certains médicaments, que l’on prend parfois en automédication, peuvent avoir pour effet secondaire de provoquer une alopécie.

C’est le cas notamment :

  • de l’ibuprofène ;
  • de certains médicaments anticholostérolémiants ;
  • de certains antidépresseurs ;
  • de pilules contraceptives avec effet androgène ;
  • de certains traitements contre la tyroïdite, l’épilepsie ou les migraines.

Généralement, la chute s’arrête lorsque l’on arrête de prendre le médicament.

Toutefois, l’alopécie sera parfois définitive, comme chez les patientes prenant les nouvelles thérapies contre le cancer du sein. Dans ce cas, la greffe capillaire est la seule solution pour corriger la chute de cheveux.

Des déséquilibres hormonaux

L’alopécie peut être le symptôme de déséquilibres hormonaux, en particulier chez les femmes qui se mettent alors à produire des hormones mâles en excès.

C’est le cas notamment lors de la ménopause, quand le taux d’œstrogènes chute drastiquement, ou en cas de syndrome des ovaires polykystiques.

Les troubles endocriniens au niveau de la thyroïde peuvent aussi provoquer une chute capillaire.

Des maladies auto-immunes

Enfin, la perte de cheveux peut également être le signe d’une maladie auto-immune, par exemple un lupus ou un lichen plan pilaire.

La maladie provoque une inflammation au niveau des follicules pileux et il est important d’agir rapidement pour éviter leur destruction définitive.

S’il n’existe pas de traitement efficace à long terme contre ces maladies, en revanche, il est possible de prévenir la création d’alopécies cicatricielles.

Lorsque celle-ci est établie, la greffe capillaire sera la seule solution pour corriger définitivement l’alopécie.

Que faire en cas de chute de cheveux pathologique ?

Comme le rappelle le Docteur Pierre Bouhanna, il est important de consulter un spécialiste dès lors que la chute de cheveux est significative ou qu’elle dure plus de quatre mois.

Elle peut en effet révéler un problème de santé qu’il convient de traiter. Par ailleurs, il est souvent essentiel d’agir vite pour éviter que l’alopécie ne soit trop importante ou ne s’installe dans le temps.

Vous pouvez contacter le standard du CMCC si vous souhaitez des renseignements sur les solutions permettant de lutter contre une chute de cheveux pathologique au 01 84 83 14 00 ou prendre un rendez-vous en cliquant ici.